La baie de Guanabara

Octobre 2009, Copenhague, Danemark. Le Comité olympique international communique la victoire de Rio de Janeiro comme ville hôte des jeux Olympiques de 2016. Les Brésiliens sont contents et commencent à rêver : la baie de Guanabara va enfin être dépolluée.

Pour beaucoup d’entre eux, les JO ne sont qu’un prétexte pour que la carte postale de la ville, lieu historique par où les Portugais sont arrivés en 1501, soit prise en charge par le gouvernement. Car en fonction du manque d’assainissement de base dans les 15 municipalités touchées par les eaux de la baie, la dégradation de ce pilier fondamental de l’identité carioca a été sentie par tous peu à peu, comme un cœur qui se brise lentement.

 

Les eaux de la baie peuvent être cristallines en été.
Les eaux de la baie peuvent être cristallines en été.

Rio 2016, une nouvelle baie de Guanabara

Désormais, la récupération de la baie commence en 1994, avec le Programme de Dépollution. Mais, 20 ans, 8 gouvernements, et 1 milliard d’euros dépensés plus tard, aucun objectif du programme n’est accompli. Aujourd’hui, les eaux de Rio reçoivent tous les jours 18 400 litres d'eau en provenance d’égouts non assainis par seconde.

La décision de réaliser les jeux Olympiques à Rio en 2016, redonna un peu d’espoir aux Brésiliens. Car, selon le programme proposé, les compétitions de voile et windsurf auront lieu sur ses eaux. Au premier abord, cela serait parfait pour les athlètes, la télé et les spectateurs : un endroit magnifique qui permettrait des images jamais vues. Malheureusement, dès le premier événement-test (du 01 au 15/08/14, n.d.l.r.), la réalité sonna à la porte. Au milieu des voiliers, des télévisions, des ordures et même un canapé se disputaient la première place. Bien entendu ces images firent le tour du monde, ce qui obligea le maire de Rio à se prononcer sur ce sujet.

 

En 2016, les compétitions de windsurf auront lieu dans la baie.
En 2016, les compétitions de windsurf auront lieu dans la baie.

Maintenant, la vérité est connue : impossible de dépolluer la baie à 100% si les villes qui l’entourent n’ont pas de système d’assainissement.

La beauté au-delà de tout les problèmes

Mais tout n’est pas dramatique. Malgré toute cette pollution, les habitants de Rio de Janeiro ne se sont jamais séparés de leur baie, lieu de naissance et d'origine de la ville. Même s’il n’est pas possible de plonger dans ses eaux, presque tout les Cariocas l’on fait au moins une fois dans la vie. Des promenades en bateau, en ferry ou en jet-ski font partie du programme classique des week-ends de centaines de familles. Car au-delà des eaux polluées, le paysage est sublime et énergisant.

 

Le centre de Rio vu en retrait depuis la baie
Le centre de Rio vu en retrait depuis la baie

Du haut du Pain de Sucre, par le hublot de l'avion ou en voiture depuis la plage de Botafogo, la conclusion est que la beauté naturelle de la baie reste intacte. Sincèrement, elle est charmante et majestueuse, et exerce une attraction incontrôlable sur tous ceux qui la regardent. Pas vraiment surprenant, car c'est par ici que les Portugais ont découvert, il y a plus de 500 ans, l'une des plus belles villes du monde.

© photos : Rodrigo Arnaiz