L’institut Inhotim : l’art à ciel ouvert

Situé dans l’État de Minas Gerais, à 60 km de Belo Horizonte, dans la ville de Brumadinho, Inhotim est un lieu unique. Dans un espace d’environ 100 hectares en plein milieu de la Mata Atlântica, chaque installation ou pavillon est entouré de plantes, d'arbres, de lacs et d'oiseaux. Ici, le visiteur vit une expérience distincte, centré sur l’interaction sensorielle et artistique entre les œuvres et son environnement.

Petite histoire d'un grand projet

Bien sûr, un tel projet ne pouvait être né que d'un esprit obsessionnel, et pourquoi pas, un peu mégalomane. Dans ce cas, le responsable s’appelle Bernardo Paz, homme d'affaires du secteur des minéraux et de la sidérurgie, avec un look à la Richard Branson. C’est en 1980, après l'acquisition de la ferme qui se trouvait là, qu’il envisage, avec son ami Burle Marx, de construire un centre d’art en pleine nature. Au milieu des années 90, il décide de se défaire d’une grande collection d’art moderne et en commence une autre, d’art contemporain. De la phase de conception initiale jusqu'à l’ouverture totale au grand public, 26 années s’écoulèrent.

Aujourd'hui, l'initiative – considérée comme la plus importante du genre au Brésil – est consolidée et reçoit chaque année un nombre important de visiteurs (1 million depuis son ouverture, en 2006). Ce chiffre est encore plus significatif quand on sait où l'institut Inhotim est édifié. À l’inverse des musées situés dans les grandes villes de Rio et São Paulo, Inhotim ne profite pas de visites occasionnelles. Pour y accéder, il faut d’abord aller jusqu’à Belo Horizonte, puis faire 60 km d’autoroute. Des autobus et des navettes font le trajet aller-retour depuis l’aéroport tous les jours, mais le voyage en voiture est plus agréable et pratique, puisque, en fonction de sa grande quantité d’œuvres, au moins deux jours de visite sont recommandés.

 

blog-bresil-minas-gerais-inhotim-varejao

Vingt pavillons dédiés à l'art

Au total, l'institut est formé par plus de 20 pavillons, chacun avec un emplacement et une architecture spécifiques. Certains se distinguent plus que d’autres. C'est le cas de celui dédié à Adriana Varejao, où la splendeur se trouve à la fois à l'extérieur et à l’intérieur du bâtiment.

De même, l’impact produit par le pavillon dédié aux cinq œuvres de la série Cosmococas d'Hélio Oiticica et Neville d'Almeida est inoubliable. Le visiteur peut, par exemple, plonger dans une piscine climatisée et courir dans une salle marquée par le son des lourdes guitares de Jimi Hendrix.

Prendre le pouls de la planète au Sonic Pavillon

Le Sonic Pavillon de Doug Aitken est un exemple emblématique. Après une promenade d'environ 15 minutes par un sentier isolé, surgit un bâtiment oval et vitré. À l'intérieur, les bruits de ce que l'auteur appelle "les battements du cœur de la Terre" sont reproduits. Il s'agit de sons captés par des microphones géologiques placés à 200 m de profondeur, qui proposent une connexion entre la planète et le visiteur.

 

La silhouette ovale du Sonic Pavillon, conçu par Doug Aitken
La silhouette ovale du Sonic Pavillon, conçu par Doug Aitken

Le jardin botanique, un écrin pour l'art

Tout au long des 100 hectares de Mata Atlântica de l’institut sont éparpillés de nombreux troncs d'arbres sculptés et transformés en bancs pour que les visiteurs puissent se reposer et admirer paisiblement le paysage. La flore et la faune qui entourent les installations jouent un rôle important dans l'impact sensoriel.

Les chiffres parlent d'eux mêmes : 191 familles botaniques, 953 genres et un peu plus de 4 200 espèces de plantes composent le plus grand jardin botanique du Brésil. Parmi ces plantes se démarquent visiblement les palmiers et les orchidées, qui s'accommodent avec précision au travail paysagiste fait par le célèbre Roberto Burle Marx.

Ce n’est pas tout. Il y a aussi le lac aux 500 boules qui composent le Narcissus Garden de Yayoi Kusama (l'un des endroits les plus photographiés), le Desvio para o vermelho de Cildo Meireles, le Ttéia 1C de Lygia Pape, ainsi que les bougies du Ahora juguemos a desaparecer de Carlos Garaicoa et le Desert Park de la Française Dominique Gonzalez- Foerster. D’ailleurs, Inhotim se flatte de la diversité des artistes hébergés : presque une centaine de 30 nationalités différentes.

 

Le lac aux 500 boules du Narcissus Garden est l'un des endroits les plus photographiés.
Le Narcissus Garden, l'un des endroits les plus photographiés
Se rendre à Inhotim
Inhotim, Rua B, 20, Zona Rural, Brumadinho, Minas Gerais, 35460-000, Tél. : +55 31 3571-6598
© photo principale : Rodrigo Arnaiz © autres photos : Rodrigo Arnaiz