Rio 2016 : une fête gâchée ?

En plein scandale Petrobras, à l'origine de la crise politique qui secoue le gouvernement de Dilma Rousseff, le puissant groupe de BTP brésilien, Odebrecht, est lui aussi pris dans la tourmente. Ses dirigeants sont soupçonnés d'avoir versé des pots-de-vin pour obtenir des chantiers pour les jeux Olympiques de Rio en 2016. Une affaire qui déstabilise la mairie et refroidit l'enthousiasme des Cariocas pour leur J.-O.

Corruption et dissensions

Les soupçons de corruption dans la transformation de Rio en ville olympique révélés il y a quelques semaines ont conduit un conseiller municipal à demander la création d'une commission d'enquête. Si la demande a été rejetée, faute de « faits précis » sur lesquels enquêter, elle met néanmoins en lumière les dissensions qui règnent au conseil municipal de Rio. L'ambitieux maire de Rio Eduardo Paes, qui ne rencontrait jusqu'à présent aucune résistance parmi les autres élus du conseil municipal, est mis en difficulté et ce, à quelques mois des prochaines élections municipales.

 

Une image emblématique: aura-t-il une fête à Rio?
Une image emblématique : y aura-t-il une fête à Rio ?

Des J.-O. qui peinent à séduire

Alors, Rio sera-t-elle prête pour l’arrivée de 10 500 athlètes ? Bonne nouvelle, les équipements sportifs sont pratiquement tous prêts. Certes, la dépollution de la baie de Guanabara, où se tiendront les épreuves de voile s'annonce très difficile et les engagements pris par Rio – traiter 80 % des égouts de la région, qui se déversent dans la baie – ne seront par tenus. Autre bémol : l'achèvement de la ligne de métro qui mène des plages de Copacabana et Ipanema au quartier de Barra da Tijuca est encore hypothétique.

Mais ce qui marque, c'est le manque d'enthousiasme des Cariocas pour ces jeux Olympiques, un manque d'enthousiasme qui s'explique d'abord par la crise politique secouant le pays. Menacée de destitution, la présidente Dilma Rousseff n’est même pas sûre d’être en place lors de la cérémonie d’ouverture. À cela s'ajoutent les difficultés économiques que rencontre le Brésil, dont la croissance a reculé de 4 % en 2015 alors qu'elle atteignait 7,5 % en 2010 (ministère des Affaires étrangères, 2016).

Mais rassurez-vous, les Brésiliens n'ont pas pour autant perdu leur sens de l'hospitalité et de la fête et nul doute qu'ils seront prêts le 5 août 2016 pour accueillir le demi-million de visiteurs attendus.

© photos article: Rodrigo Arnaiz