Rio 2016 : les gymnastes brésiliens

Londres, 2012. Après une performance presque parfaite, le Brésilien Arthur Zanetti, inconnu du grand public, remporte la médaille d'or aux anneaux, une première pour la gymnastique brésilienne. Déjà un exploit en soi, la victoire de Zanetti, met aussi fin à l'incapacité du Brésil à remporter un titre olympique en gymnastique. À un an des jeux de Rio, le Brésil a toujours soif de victoire et les gymnastes mettent les bouchées doubles à l'entraînement. Quelles sont les chances de médaille ?

La gymnastique artistique au Brésil

La gymnastique artistique a été introduite au Brésil à la fin du XIXe siècle, par les immigrés allemands, qui affluent dans le sud du pays entre 1824 et 1960.
Les premières années, les gymnastes brésiliens sont issus majoritairement de la minorité allemande installée au Sud. Ce n'est qu'au début du XXe siècle, que la gymnastique arrive à Rio et São Paulo. En 1950 est instituée la fédération brésilienne de gymnastique et, en 1980, une équipe brésilienne est sélectionnée aux jeux olympiques de Moscou.
Élever le niveau de ses athlètes passe par le développement d'infrastructures sportives, la formation des encadrants (entraîneurs, médecins, kinés, etc.)… et l'éducation. Ce dernier point est essentiel. Il faut permettre aux enfants de pratiquer n'importe quel sport, quelles que soient la ville où ils habitent et l'école où ils étudient. Tout cela est assez rare au Brésil. Hormis le football, pratiqués par tous les enfants dans la cour de l'école ou dans les rues de leur quartier, le sport est le parent pauvre de l'éducation.
La gymnastique artistique brésilienne a su surmonter ce handicap. Régulièrement, des gymnastes venus du Brésil se distinguent au niveau mondial. Au total, 9 médailles ont été remportées à l'occasion des championnats du monde (3 en or, 3 en argent et 3 en bronze). Certains gymnastes – Daiane dos Santos, Jade Barbosa, les frère et sœur Hypólito, Arthur Zanetti et Sergio Sasaki… – sont de véritables stars.

Zoom sur 4 gymnastes brésiliens

1
Daniele Hypólito

En 2001, elle remporte la première médaille du Brésil (l'argent à la poutre, n.d.l.r.) aux championnats du monde de Gand et devient une référence de la gymnastique artistique au Brésil. Un an plus tôt, elle avait pris la 21e place aux jeux olympiques de Sydney, le meilleur classement d'un gymnaste brésilien dans toute l'histoire des Jeux. Ses nombreuses médailles et son sourire lui ont valu d'être longtemps la chouchou des médias.

2
Diego Hypólito

Encouragé par sa sœur aînée, Diego a lui aussi brillé. À 19 ans, il est médaillé d'or de l'épreuve du sol, aux championnats du monde de Melbourne en 2005. Il réitérera cet exploit deux ans plus tard, à Stuttgart cette fois-ci.
Avec ce bagage, Diego Hypólito arrive hyper-favori aux jeux olympiques de Pékin et sa performance lors des qualifications montre qu'il faudra compter avec lui. Hélas, il chute en finale et termine sixième, s'attirant ainsi les foudres d'une Nation entière.

3
Daiane dos Santos

Avec sa petite taille (1,46 m) et son grand sourire, Daiane dos Santos est sans aucun doute l’idole de la gymnastique olympique du Brésil. Formée par Oleg Ostapenko, un entraîneur ukrainien aux méthodes très dures, Daiane a remporté une médaille d'or aux championnats du monde 2003 d'Anaheim, un fait sans précédent pour le pays. Au sol, elle effectue un saut jamais vu auparavant : un twiste double avant tendu, qui aurait mérité de porter le nom de la gymnaste.
Comme Diego, elle est favori pour les jeux olympiques d'Athènes en 2004, mais cède à la pression, et termine seulement cinquième.

4
Artur Zanetti

Londres 2012. Échaudés par les échecs de Diego Hypólito et Daiane dos Santos lors des précédentes olympiades, le petit monde de la gymnastique artistique brésilienne a de sérieux doutes quant aux performances de ses athlètes, qui semblent incapables de gérer la pression des grands événements.
C'est à ce moment que surgit Arthur Zanetti et sa médaille d'or aux anneaux dans une performance considérée presque sans faille.

© Wilson Dias